Reçue par le Président Évariste Ndayishimiye, la délégation a dressé le bilan de l’Accord. Le gouvernement, l’administration douanière et le secteur privé élaboreront ensemble un profil pays et une feuille de route.
Accra, le 6 août 2026 — Le Secrétariat de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) a achevé le 4 août une mission officielle de deux jours en République du Burundi, menée au plus haut niveau. Le Champion de la ZLECAf, S.E.M. Mahamadou Issoufou, ancien Président de la République du Niger, a porté auprès du Chef de l’État le plaidoyer continental que lui confère sa fonction : engager les chefs d’État et de gouvernement à faire avancer l’Accord. Le Secrétaire Général de la ZLECAf, S.E.M. Wamkele Mene, conduisait la délégation du Secrétariat, qui comprenait des spécialistes du secteur privé.
La délégation a été reçue en audience par le Président de la République du Burundi et Président en exercice de l’Union africaine, Son Excellence Évariste Ndayishimiye. Les échanges ont porté sur l’évaluation de la mise en œuvre de la ZLECAf, avec un accent particulier sur le suivi des signatures, des ratifications et l’application effective des protocoles, indispensables à l’accélération de l’intégration économique du continent. Le Secrétaire Général a réaffirmé la pleine disposition de l’institution à accompagner le Burundi dans la concrétisation de sa Vision « Pays émergent en 2040, Pays développé en 2060 ». Le Chef de l’État a renouvelé son engagement en faveur de l’intégration continentale et son plein soutien aux initiatives destinées à surmonter les obstacles à la mise en œuvre.
À l’issue de l’audience, le Champion de la ZLECAf a détaillé où en est l’Accord. Sur les 55 États membres de l’Union africaine, 54 l’ont signé et 50 l’ont ratifié. Les protocoles issus de la deuxième phase des négociations — propriété intellectuelle, concurrence, commerce numérique, femmes et jeunes dans le commerce, investissements — sont désormais devant les États parties. Il a inscrit l’horizon du Burundi dans celui du continent : l’émergence en 2040 et le développement en 2060, avant 2063, année du centenaire de la création de l’Organisation de l’unité africaine et terme de l’Agenda 2063 de l’Union africaine.
| C’est un agenda qui prévoit une Afrique développée en 2063, une Afrique en paix, une Afrique unie, une Afrique qui compte dans le concert des nations. -S.E.M. Mahamadou Issoufou, ancien Président de la République du Niger, Champion de la ZLECAf, Bujumbura, le 4 août 2026. |
La mission s’était ouverte le 3 août par un entretien avec le Ministre des Ressources minières, énergétiques, de l’Industrie, du Commerce et du Tourisme. La composition de cette rencontre dit à elle seule le stade atteint : aux côtés du Ministre siégeaient le Secrétaire permanent, le Directeur du commerce extérieur, le Directeur de l’industrie, le Commissaire général adjoint de l’Office burundais des recettes et le Président de la Chambre fédérale de commerce et d’industrie du Burundi. Politique commerciale, administration douanière et entreprises se retrouvent rarement autour de la même table.
Les deux parties se sont accordées sur l’étape suivante, et elle est concrète. Une équipe technique élaborera un profil pays et une feuille de route de mise en œuvre pour le Burundi, placée sous la responsabilité conjointe du gouvernement et du secteur privé.
Le Secrétaire Général a présenté les instruments désormais à la disposition des entreprises : le Système panafricain de paiement et de règlement, qui leur permet de commercer et de régler en monnaies africaines sans passer par une devise tierce ; l’Africa Trade Gateway, la plateforme numérique continentale développée avec Afreximbank et la Commission économique pour l’Afrique ; et le Fonds d’ajustement de la ZLECAf, qui accompagne les États et les entreprises dans la gestion des coûts de la transition vers le marché unique. Il a encouragé le Burundi à identifier ses besoins de financement et à les faire remonter au Fonds.
Reliant ces instruments aux ambitions du Burundi en matière de commerce et de développement, le Secrétaire Général a déclaré :
« Le Burundi s’est doté d’une base solide avec ses communautés économiques régionales. Grâce aux instruments que nous avons mis en place, la ZLECAf doit désormais permettre aux entreprises burundaises d’accéder à l’ensemble du marché continental et de porter les priorités du pays dans la transformation agroalimentaire, les mines, l’énergie et le commerce numérique. »
Il a également donné la mesure de la trajectoire — le commerce intra-africain a progressé de 12,4 % en 2024, pour atteindre 220 milliards de dollars — et nommé les obstacles : le coût des échanges, la connectivité et les déficits d’infrastructure.
Le même jour, le Secrétariat a réuni une table ronde avec le secteur privé burundais, coprésidée par Mme Cynthia Gnassingbe-Essonam, Directrice de l’engagement du secteur privé et de la communication au Secrétariat de la ZLECAf, et l’honorable Olivier Suguru, Président de la Chambre fédérale de commerce et d’industrie du Burundi. La Chambre fédère 26 associations professionnelles, sectorielles et intersectorielles, parmi lesquelles celles des femmes entrepreneures, des jeunes entrepreneurs et de l’artisanat. Le Secrétariat y a exposé les progrès enregistrés et les dispositifs accessibles aux opérateurs économiques ; la discussion s’est concentrée sur les difficultés que rencontrent au quotidien les entreprises burundaises désireuses de commercer en Afrique.
Le Ministre a pour sa part souligné la disponibilité du Burundi à appliquer l’Accord et indiqué que le pays s’appuierait sur sa présidence de l’Union africaine pour accélérer cet effort. Il a exposé les priorités du gouvernement en matière de logistique et de transport, adossées à l’énergie et aux mines, ainsi que les réformes macroéconomiques et réglementaires en cours pour renforcer l’environnement des affaires et de l’investissement. Sur le thé et le café, il a désigné comme question centrale la diversification des marchés d’exportation et l’harmonisation des normes et des procédures de conformité qui la rend possible.
Le Burundi a déposé son instrument de ratification le 17 juin 2021 et validé une stratégie nationale de mise en œuvre de la ZLECAf en décembre 2021, complétée en décembre 2024. Près de la moitié des exportations du pays en valeur sont déjà destinées à d’autres marchés africains. L’Accord ne crée donc pas cette relation : il en abaisse le coût, en sécurise les règles et en élargit la portée.
La conversation se poursuit à l’échelle du continent. Les entreprises burundaises retrouveront acheteurs, financeurs et régulateurs à Biashara Afrika 2027, puis à la Foire commerciale intra-africaine 2027, à Lagos (Nigéria), du 5 au 11 novembre 2027.
À propos de la ZLECAf
La Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) est l’un des projets phares de l’Agenda 2063 : l’Afrique que nous voulons, la stratégie de développement à long terme de l’Union africaine. L’Accord portant création de la ZLECAf est entré en vigueur le 30 mai 2019 et réunit les 55 États membres de l’Union africaine au sein d’un marché unique de près de 1,4 milliard de personnes, pour un produit intérieur brut cumulé d’environ 3 400 milliards de dollars. La ZLECAf est la plus vaste zone de libre-échange au monde par le nombre de pays participants. Le Secrétariat de la ZLECAf, établi à Accra (Ghana) et dirigé par le Secrétaire général, S.E.M. Wamkele Mene, coordonne la mise en œuvre de l’Accord en coopération avec les États parties, les Communautés économiques régionales et les institutions continentales.
Contact presse
Alexandre Siewe · Conseiller principal, Communication — Secrétariat de la ZLECAf
Courriel : [email protected] · Web: au-afcfta.org

