Réuni à Abuja pour sa 18ᵉ session, le Conseil des ministres de la ZLECAf a arrêté un cap : consolider le marché continental et approfondir les chaînes de valeur régionales, à l’heure où le commerce mondial se recompose. Le Nigéria prend la présidence du Bureau, en succession de l’Égypte, sur un mandat tourné vers l’exécution et les résultats mesurables.
Accra, Ghana, 6 juillet 2026. Alors que le commerce mondial se fragmente et que s’intensifie la compétition pour l’investissement et la maîtrise des chaînes d’approvisionnement, le Conseil des ministres chargés du Commerce de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) a conclu sa 18ᵉ session à Abuja, accueillie par la République fédérale du Nigéria, à un moment décisif pour la trajectoire économique du continent. L’architecture juridique de l’Accord étant largement en place, l’effort se déplace de la négociation des règles du commerce africain vers leur application. Par un choix délibéré, les ministres ont placé la mise en œuvre, et la production de résultats mesurables pour les entreprises et les citoyens africains, au cœur de la prochaine étape de leurs travaux. Le Nigéria prend le relais de la présidence du Conseil, en succession de la République arabe d’Égypte.
Les ministres ont inscrit ce cap dans un environnement commercial mondial en mutation rapide, marqué par l’incertitude géopolitique, les atteintes portées aux principes fondateurs du commerce multilatéral, la recomposition anticoncurrentielle des chaînes d’approvisionnement et la montée du protectionnisme commercial et d’investissement. Dans ce contexte, ils ont souligné l’impératif stratégique de consolider le marché propre de l’Afrique, d’approfondir les chaînes de valeur régionales et de permettre au continent d’aborder le commerce mondial d’une voix plus coordonnée.
La session prolonge un jalon important, franchi lors de la 39ᵉ session ordinaire de la Conférence des chefs d’État et de gouvernement de l’Union africaine, en février 2026, qui a adopté un ensemble d’annexes au Protocole sur les droits de propriété intellectuelle et fait progresser le programme de la phase II. Un nombre limité d’instruments juridiques demeurent en négociation, notamment une annexe au Protocole sur l’investissement et une annexe au Protocole sur les droits de propriété intellectuelle, que les États parties s’emploient à parachever.
À l’ouverture de la session, S.E. Wamkele Mene, Secrétaire Général du Secrétariat de la ZLECAf, a défini la tâche à venir comme un travail de conversion : transformer une architecture juridique imposante en réalité commerciale pour les entreprises et les citoyens africains.
« Nous sommes ainsi entrés dans une nouvelle phase de l’Accord, où l’accent se déplace de la négociation des cadres juridiques vers l’accélération de la mise en œuvre. »
Le Secrétaire Général a relevé les premiers signes d’une dynamique déjà à l’œuvre : plus de 12 000 certificats d’origine délivrés au titre de l’Accord et notifiés au Secrétariat à la date de mars 2026, ainsi qu’une réorientation progressive mais significative du commerce africain vers les produits manufacturés et agroalimentaires, au détriment des matières premières. Il a désigné la mise en place prochaine du Bureau de la propriété intellectuelle de la ZLECAf comme une priorité pour l’innovation et l’économie de la connaissance, dans un continent qui ne représente aujourd’hui qu’environ 0,5 % des enregistrements mondiaux de brevets, et a réaffirmé l’objectif d’une libéralisation complète du marché d’ici 2030.
Président sortant du Bureau, l’honorable Dr Mohamed Farid Saleh est revenu sur les progrès accomplis durant la présidence égyptienne et a fixé un repère pour la phase à venir.
« Le succès de l’Accord ne peut plus se mesurer au seul nombre de protocoles adoptés ou de cadres juridiques établis. Il doit, bien plutôt, se mesurer à notre capacité collective à traduire ces acquis en réalités économiques tangibles. »
En prenant la présidence, l’honorable Dr Jumoke Oduwole, MFR, ministre de l’Industrie, du Commerce et de l’Investissement de la République fédérale du Nigéria, a arrêté un programme tourné vers les résultats, articulé autour de quatre priorités : accélérer la mise en œuvre et passer des engagements à l’action ; renforcer les chaînes de valeur régionales afin que l’Afrique échange davantage de ce qu’elle produit ; libérer le potentiel transformateur du commerce numérique ; élargir l’accès au financement, en particulier pour les entreprises dirigées par des femmes, les jeunes entrepreneurs et les MPME.
« Passons de l’ambition à l’exécution ; des engagements aux résultats mesurables ; et des marchés fragmentés à un marché africain unique, intégré et prospère. »
Dans le prolongement de ce programme, le Conseil a fait progresser le cadre de la ZLECAf en faveur d’un commerce inclusif, en portant plus avant le Règlement ministériel sur l’accès préférentiel au marché pour les femmes et les jeunes dans le commerce, conçu pour garantir aux entreprises dirigées par des femmes, aux jeunes entrepreneurs et aux MPME un accès commercialement significatif au marché continental, conformément aux directives de la Conférence des chefs d’État et de gouvernement de l’Union africaine.
Au cours de ses délibérations, le Conseil a examiné et adopté le rapport de la 22ᵉ réunion du Comité des hauts fonctionnaires du commerce, ainsi que les rapports de la 15ᵉ réunion de l’Organe de règlement des différends et de la 2ᵉ réunion du Comité des responsables des autorités de la concurrence, entérinant leurs recommandations en faveur de la mise en œuvre, y compris les travaux relatifs au cadre et aux institutions de la concurrence du continent. Il a par ailleurs reçu un rapport sur les conclusions de la 39ᵉ session ordinaire de la Conférence des chefs d’État et de gouvernement, dont la décision de négocier un Protocole sur la politique et le développement industriels et de poursuivre l’engagement collectif du continent auprès des pays tiers, à l’heure où l’Afrique doit se prémunir contre une nouvelle ruée sur son marché vaste et en croissance. La 18ᵉ session a accueilli huit nouveaux ministres représentant l’Égypte, le Gabon, le Congo, Djibouti, le Malawi, le Togo, la République sahraouie et les Seychelles.
La session s’est close sur une même résolution : le prochain chapitre de la ZLECAf se définira par la prospérité qu’elle produit, un marché africain unique qui convertit une architecture juridique en voie de maturité en croissance, en industrialisation et en perspectives pour les entreprises et les citoyens de tout le continent.
À PROPOS DE LA ZLECAf
La Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) est le projet phare de l’Agenda 2063 de l’Union africaine. L’Accord établissant la ZLECAf a été signé à Kigali en mars 2018 et est entré en vigueur le 30 mai 2019, le commerce au titre de l’Accord ayant débuté le 1er janvier 2021. Cinquante-quatre (54) États membres de l’Union africaine ont signé l’Accord. Le Secrétariat de la ZLECAf, dont le siège est à Accra, au Ghana, coordonne la mise en œuvre de l’Accord et est dirigé par le Secrétaire général, S.E.M. Wamkele Mene.
Contact presse
M. Alexandre Siewe Leupi
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Mme Yafika Chitanda
Chargée de communication | Secrétariat de la ZLECAf
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